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Covid-19 : Perte de la Biodiversité et naissance de nouvelles maladies émergentes (Par Khady Camara)

Covid-19 : Perte de la Biodiversité et naissance de nouvelles maladies émergentes (Par Khady Camara)

Scénario surréaliste, confinement de 3 Milliards de personnes (Chine, Inde, Europe, Etats Unies…), surveillance à distance des personnes testées positives (Israël, Singapour, Corée du Sud…), état d’urgence dans certaines régions du globe (Sénégal, Gabon…). Des avions cloisonnés dans les aéroports, des véhicules stationnés dans les parkings des agglomérations.

Au sein des cinq continents, le monde est à l’arrêt ! 

Dans cette accalmie anthropique exigée par la nature, chaque pays adopte sa méthode pour se parer des conséquences insoupçonnées de la pandémie, Covid-19. Comme pour dire que chacun sa formule dans l’agir local. 

•          Des origines zoonotiques 

Depuis sa naissance en Chine, oscillant entre la faune sauvage (chauve-souris, pangolin) et d’autres animaux intermédiaires – domestiques. D’aucun même diront que c’est un produit de laboratoire, l’histoire nous édifiera. Comme l’affirme le spécialiste en écologie des maladies infectieuses et parasitaires, Jean François Guégan, dans ses travaux : « Pour l’origine du virus du Sida, il a fallu 20 ans afin d’arriver à la connaissance que nous avons, exprime-t-il. Concernant le virus Ebola, nous avons toujours affirmé que l’origine était la chauve-souris. Aujourd’hui, les meilleurs spécialistes du monde se demandent si le réservoir est bien cette chauve-souris ». Le virus foisonne et vit ses minutes de gloire, se nichant  d’épicentre à épicentre (Italie, Espagne, Etats Unies…). Avec le déferlement de cette vague, comptant les morts par millier (20.000 à ce jour, selon le décompte de l’OMS), la digue de protection tourne autour du triptyque, Gel hydro-alcoolique, masque et distance sanitaire recommandée par le consensus scientifique. Des gestes barrières diront les spécialistes sanitaires. 

Dans ce contexte, les principes de précaution et de prévention n’ont jamais été aussi bien observés collégialement dans le monde. Et pourtant bien avant l’alerte des experts du (GIEC) Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, en 1972 le rapport Meadows, nous suggérait de ralentir et de changer de modèle, c’est-à-dire rompre avec la recherche de profits secs et d’intégrer la dimension planète et humaine (people planet profit) d’une manière triviale la théorie des parties prenantes dans le document référence Halte à la croissance quitte à subir un effet Boomerang. 

•          Un lien établi entre destruction d’habitat naturel et recrudescence des maladies émergentes 

Incendie en Australie et en Amazonie, déforestation massive de la forêt du bassin Congo,  des villes qui suffoquent avec le smog, pertes de terre et destruction d’habitat naturel, favorisant leur déplacement de population dans des endroits plus propices. Sous ce registre, des travaux ont montré que cette destruction de l’habitat du monde sauvage augmente le risque infectieux. Environ 20 % du risque de paludisme dans les lieux de forte déforestation sont dus au commerce international des produits d’exportation impliqués dans la déforestation, tels que le bois, le tabac, le cacao, le café ou le coton. « Une étude réalisée dans la partie amazonienne du Pérou montre qu’avec la déforestation, un habitat ouvert à la lumière est créé, explique Jean-François Guégan. L’espèce de moustiques qui transmet le paludisme vit en haut de la canopée car elle adore le soleil. Ces moustiques ne descendent que lorsque l’homme défriche. Ce moustique ne rencontrera jamais l’homme en situation de forêt non perturbée et ne transmettra donc jamais le parasite du paludisme qu’il peut contenir. La déforestation est un élément majeur à l’apparition de nouveaux micro-organismes émergents qui exposent les individus à des germes qui sont dans les forêts depuis la nuit des temps ». 

En définitive, s’il est admis que « la science a fait de nous des dieux avant que nous ne méritions d’être des hommes ». Doxa symbolisant l’ensemble des progrès réalisés par le sapiens-sapiens, le plus grand dompteur de la nature parmi les terriens. Toutefois, l’arrivée de la pandémie du Covid-19, inspire une rupture avec le modèle actuel, c’est-à-dire produire pour détruire, comme le suggère les modélisations du GIEC. 

Pour des pays comme le Sénégal, le choix du sentier de dépendance qu’est le développement durable est un impératif, après le déconfinement du monde. 

Le modèle néolibéral s’essouffle, le monde entier applique une chaîne de solidarité avec effet domino. 

Luttant nuit et jour contre les inégalités sociales, comme l’a toujours soutenu les piliers de l’écologie.   

Mme Khady Camara,Journaliste – Spécialiste de l’environnementPromotrice des Vacances vertes au Sénégal

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