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L’époque de l’essence au plomb est désormais révolue : 1,2 million de décès prématurés pourront être évités

L’époque de l’essence au plomb est désormais révolue : 1,2 million de décès prématurés pourront être évités

Lorsque les stations-service d’Algérie ont cessé de fournir de l’essence au plomb en juillet dernier, l’utilisation de ce carburant a pris fin dans le monde entier, mettant ainsi un terme à ses effets néfastes sur la santé et l’économie, ont signalé ce lundi les Nations Unies.

« L’arrêt de l’utilisation de l’essence au plomb évitera chaque année plus d’un million de décès prématurés dus à des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des cancers », a salué le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ajoutant que cela protégerait également « les enfants dont le QI est endommagé par l’exposition au plomb ».

Une catastrophe pour l’environnement et la santé publique

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) souligne que depuis 1922, l’utilisation du plomb-tétraéthyle comme additif à l’essence afin d’améliorer les performances des moteurs a été une catastrophe pour l’environnement et la santé publique. 

Lorsque le PNUE a lancé sa campagne visant à éliminer le plomb de l’essence en 2002, il s’agissait de l’une des menaces environnementales les plus graves pour la santé humaine.

L’essence au plomb provoque des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des cancers. Elle affecte également le développement du cerveau humain, en particulier chez les enfants, des études suggèrent même qu’elle contribue à réduire 5 à 10 points de QI. 

On estime que l’interdiction de l’utilisation de l’essence au plomb permettra d’éviter plus de 1,2 million de décès prématurés par an, d’augmenter les points de QI chez les enfants, d’économiser 2.450 milliards de dollars pour l’économie mondiale et de réduire les taux de criminalité.

Si l’année 2021 a marqué la fin de l’essence au plomb partout dans le monde, le combustible a néanmoins entraîné une contamination de l’air, de la poussière, du sol, de l’eau potable et des cultures vivrières pendant près d’un siècle. 

Un exemple avéré de multilatéralisme  

Le chef de l’ONU a expliqué que « le plomb dans le carburant a disparu grâce à la coopération des gouvernements des pays en développement, de milliers d’entreprises et de millions de personnes ordinaires », à travers l’initiative publique-privée, Partenariat mondial pour des carburants et des véhicules propres (PCFV), menée par le PNUE depuis 20 ans.

« Lorsque la campagne a débuté, 86 pays utilisaient encore du carburant au plomb. Aujourd’hui, il n’y en a plus aucun », s’est félicité M. Guterres.  

« Aujourd’hui, nous célébrons une étape importante pour le multilatéralisme – l’aboutissement d’un effort mondial uni pour débarrasser le monde du plomb dans l’essence, une menace majeure pour la santé humaine et planétaire », a-t-il ajouté. 

L’abandon de l’essence au plomb devrait permettre d’atteindre de multiples Objectifs de développement durable, notamment la bonne santé et bien-être (ODD 3), l’eau propre (ODD 6), l’énergie propre (ODD 7), les villes durables (ODD 11), l’action climatique (ODD 13) et la vie sur Terre (ODD 15). 

Elle offre également l’opportunité de restaurer les écosystèmes, notamment en milieu urbain, qui ont été particulièrement dégradés par ce polluant toxique. Elle marque aussi un progrès majeur en vue de la Journée internationale de l’air pur pour des ciel bleus, qui aura lieu cette année le 7 septembre.

Créer un monde qui fonctionne avec (et non contre) la nature

Selon l’ONU, la réalisation de l’abandon de l’essence au plomb « montre une fois de plus ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble entre pays et secteurs pour le bien commun». 

« Le fait qu’une alliance de gouvernements, d’entreprises et d’organisations de la société civile, soutenue par les Nations Unies, ait réussi à débarrasser le monde de ce carburant toxique témoigne du pouvoir du multilatéralisme pour faire avancer le monde vers la durabilité et un avenir plus propre et plus vert », a déclaré la Directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen,

Elle a exhorté « ces mêmes parties prenantes à s’inspirer de cette énorme réussite » pour réduire les émissions de plus de 80% à travers les carburants et les véhicules plus propres qui sont maintenant à disposition.

« Nous devons maintenant faire preuve du même engagement pour mettre fin à la triple crise du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité et de la pollution », a affirmé le chef de l’ONU, soulignant la nécessité de passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables et une mobilité mondiale sans aucune émission. 

M. Guterres a également appelé à réformer nos systèmes énergétiques, alimentaires et financiers « pour créer un monde de paix qui fonctionne avec la nature, et non contre elle ». 

« Pour réussir, nous avons besoin d’une coopération internationale. De compromis. De solidarité. Le tout guidé par la science », a-t-il estimé. « Inspirons-nous de la fin du carburant au plomb. Concentrons tous nos efforts pour faire la paix avec la nature. Et construisons un avenir plus propre et plus vert pour tous ».

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