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L’ensète d’Ethiopie : une plante qui pourrait nourrir des millions de personnes

L’ensète d’Ethiopie : une plante qui pourrait nourrir des millions de personnes

Cette plante, aussi appelée “fausse banane”, pourrait être une solution pour lutter contre la faim dans le monde, selon une étude publiée dans la revue Environmental Research Letters.

La plupart d’entre nous n’a jamais entendu parler de l’ensète. Il s’agit pourtant de l’aliment le plus répandu dans la gastronomie éthiopienne. Mais au-delà des frontières de ce pays, sa culture est confidentielle. Une situation qui pourrait bientôt évoluer pour faire face à la crise alimentaire liée au réchauffement climatique.

L’ensète est une plante de la famille des Musaceae, un proche cousin des bananiers. Ce “faux bananier” est cultivé en Éthiopie pour sa racine qui est comestible et qui peut atteindre 40 kilogrammes. Selon une étude publiée dans la revue Environmental Research Letters, cette plante pourrait nourrir plus de 100 millions de personnes dans un monde touché par le réchauffement climatique“C’est une culture qui peut jouer un rôle vraiment important dans la sécurité alimentaire et le développement durable”, a déclaré le Dr Wendawek Abebe de l’Université Hawassa à Awasa, en Éthiopie.

« L’arbre contre la faim »

Presque inconnue en dehors de l’Éthiopie, l’ensète possède pourtant de nombreux avantages. Même si le fruit de la plante (qui ressemble à une banane) n’est pas comestible, les tiges et les racines, elles, peuvent être utilisées pour faire du porridge et du pain. L’ensète a une grande vitesse de croissance : une graine mise à germer au printemps peut donner une plante de presque 1,50 m en l’espace d’un été. De plus, la plante peut se cultiver sur des aires de répartition très large. “L’ensète possède des caractéristiques vraiment inhabituelles qui le rendent absolument unique en tant que culture. Vous pouvez le planter à tout moment, vous pouvez le récolter à tout moment et il est pérenne. C’est pourquoi on l’appelle l’arbre contre la faim”, a déclaré le Dr James Borrell, chercheur de l’étude aux Jardins botaniques royaux de Kew.

Les scientifiques ont constaté que cette culture pourrait servir de culture tampon pour les périodes de vaches maigres et ainsi renforcer la sécurité alimentaire en Éthiopie et dans d’autres pays africains. Ils ajoutent que la recherche de nouvelles plantes pour nourrir le monde est urgente. Près de la moitié des calories que nous consommons proviennent de trois espèces : le riz, le blé et le maïs. “Nous devons diversifier les plantes que nous utilisons au niveau mondial en tant qu’espèce, car tous nos œufs sont dans un très petit panier pour le moment”, a déclaré James Borrell.