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Téranga Nature

En 11 ans, au moins 800.000 pangolins aurait été tués au Nigéria pour leurs écailles

En 11 ans, au moins 800.000 pangolins aurait été tués au Nigéria pour leurs écailles

Le pangolin est aujourd’hui l’animal le plus braconné au monde. Une équipe de défenseurs de l’environnement dirigée par l’université de Cambridge a pour la première fois quantifié le nombre d’animaux tués depuis 11 ans, et les résultats sont affolants.

Pour beaucoup d’entre nous, le pangolin reste associé à la pandémie de Covid-19. Accusé d’être le responsable du passage du coronavirus aux humains, ce petit animal étrange a été pointé du doigt.

Cette responsabilité a depuis été réfutée par les chercheurs mais le pangolin, lui, est toujours la cible des braconniers qui le tuent pour ses écailles. Celles-ci sont notamment composées de kératine, comme nos cheveux et nos ongles, une substance dont les supposées vertus curatrices et aphrodisiaques sont très recherchées en médecine traditionnelle chinoise. Les braconniers sont particulièrement actifs au Nigéria, au point que le pays soit aujourd’hui considéré comme la plaque tournante du trafic d’écailles pour l’exportation criminelle de produits dérivés du pangolin vers l’Asie de l’Est.

Plus de 190.000 kilos d’écailles de pangolin prélevés

Selon les chiffres établis par une équipe dirigée par l’université de Cambridge, si l’on compte uniquement les cargaisons interceptées et signalées par les autorités entre 2010 et septembre 2021, 190 407 kilos d’écailles de pangolin ont été prélevées sur au moins 799 343 mais potentiellement jusqu’à près d’un million de créatures mortes. Dans cette étude publiée dans Biological Conservation, les chercheurs détaillent le trajet des cargaisons destinées à des pays asiatiques comme la Chine et le Cambodge. Toutes avaient transité par le Nigeria.

Mais ces chiffres pourraient bien ne représenter qu’une infime part du trafic réel. Des experts cités dans l’étude suggèrent que les saisies d’espèces sauvages détectées représentent entre 30 % et 2 % seulement du commerce illégal global. Et sur les 77 saisies analysées, 26 ont été découvertes à côté de milliers de kilos d’ivoire. Le trafic de pangolins s’appuie donc sur les grands réseaux bien implantés depuis des décennies par les trafiquants d’ivoire.

Des efforts de protection encore insuffisants

L’étude souligne que des efforts ont été consentis au Nigéria, notamment depuis 2017, mais qu’ils demeurent insuffisants. L’application de la loi reste marginale et la corruption très forte. Seules 4 poursuites ont été engagés pour trafic de pangolins au Nigeria, toutes au cours de l’année dernière. “Les chiffres de notre étude suggèrent que l’ampleur du trafic de pangolins au Nigeria, voire en Afrique, a été largement sous-estimée, ce qui pourrait se traduire par des politiques de lutte contre le trafic inadaptées“, a déclaré l’auteur principal de l’étude Charles Emogor, du département de zoologie de Cambridge.