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CONGRÈS DE LA NATURE 2021 : PLACER LA CRISE DE LA BIODIVERSITÉ AU MÊME NIVEAU QUE LA CRISE CLIMATIQUE

CONGRÈS DE LA NATURE 2021 : PLACER LA CRISE DE LA BIODIVERSITÉ AU MÊME NIVEAU QUE LA CRISE CLIMATIQUE

Le Congrès mondial de la nature a été inauguré à Marseille le 3 septembre par Emmanuel Macron. Alors que la crise climatique occupe souvent le devant de la scène, le Président a alerté sur la nécessité de remettre la biodiversité au cœur des préoccupations. Les solutions basées sur la nature ont été mises en avant pour mener de front ces deux combats. Quant à la protection des océans, elle a fait l’objet de deux nouvelles annonces. 

C’est quitte ou double : la bataille pour le climat ne pourra être gagnée sans le combat en faveur de la biodiversité. A l’inauguration du Congrès de la nature le 3 septembre à Marseille, le Président Emmanuel Macron l’a répété : alors que la biodiversité a longtemps été reléguée au second plan par rapport au climat, “il y a urgence” à “rattraper” le temps perdu et à “resynchroniser les agendas“. Préserver les forêts, protéger les océans ou les mangroves… “Chaque fois qu’on accélère les actions sur la biodiversité, on apporte une solution au réchauffement climatique“, a plaidé le chef de l’Etat.

Un constat partagé par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et la Présidente de la Banque Centrale européenne Christine Lagarde. Cette dernière évoque “les deux faces d’une même pièce” et appelle les acteurs de l’économie à investir dans la nature autant que pour le climat, et à élaborer des outils de mesures et d’évaluation. “Il n’y a pas de stabilité financière sans stabilité de la nature”, a-t-elle avancé aux côtés du Président. Elle a rappelé que, selon une étude de la Banque de France, 42 % des actifs détenus par les acteurs financiers français sont fortement dépendants des services rendus par les écosystèmes naturels.

Une protection renforcée des océans

Pour mener de front le combat pour la nature et le climat, le développement des solutions basées sur la nature a été mis au cœur des stratégies. Au centre des préoccupations : la préservation des forêts et des océans, qui représentent à la fois des réservoirs de biodiversité et des puits de carbone. 

Le Congrès se déroulant aux abords de la Méditerranée, Emmanuel Macron a mis l’accent sur la nécessité de rehausser les ambitions en matière de protection des mers. Il a fait deux annonces. Premièrement, un objectif de 5 % de “protection forte” des océans en France d’ici à 2027, contre 0,2 % aujourd’hui. Deuxièmement, l’organisation sur le territoire d’un Sommet pour la protection des océans (One Ocean Summit) au plus tard début 2022. Avec en ligne de mire l’élaboration d’un cadre international pour protéger la haute mer qui représente 60 % des océans et échappe aux juridictions nationales.

Une étape stratégique

Si les associations saluent l’initiative, le WWF regrette cependant une vision et un cap “flous et sans consistance“. Dans l’ensemble, “le Président a fait une revue de l’existant sans annoncer de nouvelles mesures concrètes“, a ajouté dans un communiqué Pierre Cannet, directeur du plaidoyer pour WWF France. L’ONG espérait plusieurs engagements forts, comme la sortie des subventions publiques dommageables à la nature ou un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins.

L’ambition du Congrès n’est cependant pas de déboucher sur des engagements de la part des Etats. Rassemblant pendant neuf jours jusqu’à 6 000 représentants de gouvernements, de la société civile, des milieux universitaires du monde des affaires, l’objectif est d’organiser des échanges entre les acteurs pour fixer des priorités et influer sur les négociations à venir.

Le moment est particulièrement propice : le Congrès se tient à quelques mois de la COP15 biodiversité, prévue en octobre et avril 2022. Elle doit fixer un nouveau cadre de protection de la nature pour la décennie à venir, et de la COP26 pour le climat à Glasgow organisé début novembre.

NVTC

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